Présentation synthétique du projet POSIDONIA

Coordination Thomas Belsher/Ifremer/LER/LR/Sète

Le projet Posidonia constitue notre réponse au 3ème Appel à projets 2004 émis dans le cadre du P.I.C. InterregIIIB-Méditerranée occidentale-Medocc. Il a été envoyé le 29/10/2004 au Ministero Infrastrutture e Trasporti Direzione Generale per i Programmi Europei Divisione II-Interreg Interreg IIIB Medocc Via Nomentana, 2, 00161 Rome Italia.

Le projet Posidonia a pour objectifs la «mise en cohérence, le développement, l’harmonisation et la validation de méthodes d’évaluation de la qualité du milieu littoral par le suivi de l’herbier de Posidonia oceanica».

Ces objectifs réunissent trois régions méditerranéennes : Catalogne, PACA, et Ligurie.

Il a été rédigé grâce aux compétences et aux efforts conjugués de :

• l'Université de Barcelone (Département d’écologie) et de l'Agence Catalane de l'eau(ACA) pour l’Espagne,
• l'Ifremer Méditerranée, du Service Mer de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), l'Université de Corse(EQEL) et du GIS-Posidonie pour la France,
• l'Agence régionale de protection de la Région Ligurie (ARPAL) et de l'Ente per le nuove tecnologie, l'energia e l'ambiente (ENEA) pour l’ Italie,
• du centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (PNUE-PAM/RAC/SPA, basé en Tunisie).


Ce projet est à hauteur de 864 849,35 euros. Il a reçu le soutien financier des trois régions concernées ainsi que celui du PNUE/RAC/SPA. En particulier, la Région PACA a voté dans son dernier budget un soutien de 67 500 euros à l’Ifremer. Quand au PNUE/RAC/SPA, intéressé au premier chef par une extension des résultats du projet à toute la Méditerranée, sa stimulante et immédiate contribution s’élève à 20 000 euros.


Motivation et contexte dans lequel s'inscrit le projet

Reconnu de longue date, le rôle majeur pour l'équilibre de l'écosystème côtier de l’herbier de posidonie s'est traduit au plan réglementaire par l’instauration d’un statut de protection. P. oceanica est par conséquent protégée par la loi en France (arrêté du 19 juillet 1988) dans le cadre de la Loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature ainsi qu’en Espagne. Les herbiers sont également pris en considération, en tant que biotope, dans le décret d’application de la «Loi littoral » n°86.2 du 3 janvier 1986, figurent au niveau de la «Directive Habitats» ( ) de l’Union Européenne du 21 mai 1992, et apparaissent dans les annexes des Conventions de Barcelone et de Berne. Enfin, le plan d’action pour la Conservation de la végétation marine en Mer Méditerranée (Malte, 1999) se propose de mettre en œuvre des mesures de gestion et de protection des espèces végétales marines, de lutter contre la dégradation de ces formations, considérées comme des clés de voûtes des écosystèmes littoraux, et d’assurer leur conservation. Les mesures envisagées pour y parvenir sont de favoriser la collecte des informations les concernant, d’assister les état membres dans la prise de décision concernant la gestion de ces formations et de promouvoir des actions de surveillance à long terme. De ce fait, la Section des Aires protégées du PNUE (RAC/SPA) est très intéressée par les programmes visant à lever la cartographie de l’herbier de posidonie pour toute la Méditerranée. Enfin, l’émergence du thème Posidonie est encore soulignée par des programmes récents initiés tant en région PACA tel Posicarte, qu’en Ligurie et en Catalogne et visant tous à améliorer les connaissances sur cet écosystème végétal.


Posidonia oceanica est une phanérogame marine endémique de Méditerranée qui édifie, entre la surface et 40 m de profondeur, l'écosystème le plus emblématique de la Méditerranée, l'herbier de posidonie. Cet écosystème a une grande importance écologique et économique : principal pôle de biodiversité en Méditerranée, oxygénation des eaux, forte production de matière végétale, en partie exportée vers d'autres écosystèmes, à la base de multiples chaînes alimentaires, frayère, nurserie et abri pour de nombreuses espèces de poissons d'intérêt commercial, stabilisation des fonds sédimentaires et protection des plages contre l'érosion. La sensibilité de l'herbier de posidonie aux perturbations d'origine anthropique en fait un indicateur global de la qualité des milieux littoraux , un outil pour sa surveillance, et nécessite des outils de gestion. Pour toutes ces raisons, dans le cadre de la mise en oeuvre de la politique communautaire et de la gestion intégrée des milieux littoraux, plusieurs des régions riveraines de la Méditerranée ont développé des outils de cartographie et de surveillance des herbiers. La détection et la mesure de substances induites par les «stress» subis par l’herbier ainsi que celles qu’il accumule dans des milieux de plus en plus perturbés complètent le rôle bio-indicateur de cet écosystème.
Le problème réside dans le fait qu’à l’heure actuelle, ces outils, ces recherches et même les concepts développés le sont souvent sans concertation d’un laboratoire et d’une région à l’autre. De ce fait, les résultats ne sont pas compatibles entre eux, ce qui génère une perte de puissance et d'efficacité, et parfois même des impossibilités lorsqu’il faut les intégrer au niveau interrégional.

Un projet de mise en cohérence et d’harmonisation permis par une démarche collective

La vision d’ensemble sur l’évolution globale de l’écosystème à P.oceanica ne peut, à l’heure actuelle, être dégagée, les techniques actuelles ne donnant que des informations locales, disparates, obtenues avec des méthodes différentes, et la plupart du temps non comparables. Les résultats issus tant de la cartographie des herbiers de ces secteurs, que de leur surveillance et des mesures diverses effectuées tant sur les plants que sur les constituants, ne permettent pas de dégager les causes exactes de fluctuations de cet écosystème et par là même de prendre les mesures les plus efficaces pour sa protection. Il est même possible que de ce fait, des mesures de sur-protection, aussi onéreuses que disproportionnées puissent être prises, par mesure de précaution, avec des conséquences socio-économiques disproportionnées par rapport aux objectifs (interdictions multiples de navigation, de mouillage, de baignade, normes drastiques d’épuration et de rejets, etc…).

Aussi l’objectif du projet est donc, pour la première fois, d’organiser une démarche collective regroupant l’ensemble des compétences identifiées afin de :

- générer en cartographie une séquence logique d’utilisation d’outils, de logiciels de traitement de données, permettant de créer une banque de données à partir de laquelle pourront être obtenus des produits homogènes, comparables et intégrables pour toutes les régions concernées,

- élaborer la meilleure stratégie en surveillance,

- détecter , identifier, sélectionner les substances bio-indicatrices les plus caractéristiques,

- l'échange d'expérience, la sélection des stratégies les plus efficaces, en terme de coût, de précision et de lisibilité pour les utilisateurs et leur mise en oeuvre en vraie grandeur ,

- la formalisation de ces stratégies, non seulement pour une utilisation commune à l'ensemble des partenaires du projet, mais aussi pour son extension à l’ensemble des pays concernés du bassin méditerranéen.


Territoires concernés

Les côtes des régions concernées par le projet sont celles englobant les régions de Catalogne (Espagne), de Provence Alpes Côte d’Azur et de Corse (France) et enfin, de Ligurie (Italie). L’ herbier de Posidonia oceanica y a, de longue date, fait l’objet d’études disparates, tant par les méthodologies employées, que par l’étendue des zones étudiées. Ce secteur étant l’un des plus urbanisé de la Méditerranée, soumis, selon les projections démographiques, à des pressions sans cesse croissantes de population, il s'avère donc tout particulièrement désigné pour faire l’objet d’une étude cohérente, coordonnée et globale sur cet écosystème d’intérêt primordial pour l’environnement côtier. Aussi, les résultats des études qui seront ciblées sur les régions désignées ci-dessus ont-ils vocation à être étendus à toute la Méditerranée

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